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Pourquoi SafeTale existe

Ce texte est à la première personne. C'est le seul endroit du site où elle est employée, et il est signé.

Un téléphone verrouillé

Il est arrivé trop souvent, autour de moi, qu'on perde quelqu'un et qu'on reste devant un téléphone verrouillé, des comptes inaccessibles et beaucoup de questions sans réponse.

Ce n'est pas la peine qui rend ces moments difficiles — elle, on la traverse. C'est ce qui s'y ajoute : les démarches impossibles, les abonnements qu'on continue de payer sans savoir lesquels, les photos qu'on ne récupérera jamais, et le sentiment tenace que la personne aurait voulu dire quelque chose.

L'idée de la boîte noire

SafeTale s'est d'abord appelé « la boîte noire », d'après celles des avions. L'image a fini par me gêner : une boîte noire enregistre pour des enquêteurs, après un accident. Ce n'est pas ce que fait SafeTale.

Le nom est resté dans mon vocabulaire, et c'est pourquoi il figure encore ici. Mais pour expliquer le produit, je préfère aujourd'hui parler d'un réveil à l'envers : tant qu'on le repousse, il ne sonne jamais.

Un défi technique, aussi

Il faut être honnête : SafeTale est également né d'une envie de me confronter à un vrai problème de sécurité informatique. Chiffrer côté client, transmettre malgré tout, ne pas mentir sur ce que cela implique — les trois ensemble forment un problème plus retors qu'il n'y paraît.

C'est ce qui explique la page « Ce que nous ne prétendons pas ». Je n'ai pas trouvé de solution qui permette à la fois de transmettre un accès et de ne jamais pouvoir le lire. Plutôt que de faire semblant, j'ai écrit pourquoi.

Où en est le projet

J'y travaille depuis des années, et je continue. Le produit est gratuit, sans publicité et sans mécanisme de facturation — non par philanthropie, mais parce qu'il n'a jamais eu de plan d'affaires.

Les deux chantiers en cours sont l'export des données et la suppression de compte en autonomie. Ce sont les deux limites que la page des limites doit aujourd'hui reconnaître, et ce sont celles qu'il me tarde le plus de retirer.